Que signifie divulgâcher ?

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Vous n’avez pas pu passer à côté du mot « divulgâcher » qui avait symbolisé (comme d’autres à l’image de « tweet » ou encore des « fake news »), il y a quelques mois, l’enrichissement décidé par l’Académie Française de notre langue. Mais comprenez-vous-en réellement et pleinement le sens ? Quelle est l’histoire de ce mot ? Quelles sont ses origines ? Nous allons tout vous dévoiler à son sujet !

Commençons par donner un exemple d’utilisation du mot. Ainsi, pour se mettre en situation, imaginons que deux personnages sont au cinéma. L’un d’entre eux, qui avait déjà vu le film, a la malencontreuse idée d’en raconter la fin. Le second personnage lui répond alors : « Mais pourquoi as-tu tout divulgâcher ? ». À l’aide de cet exemple, la compréhension du terme devient presque limpide. On devine sans trop d’efforts qu’il s’agit du dévoilement de l’intrigue d’une histoire, ce qui a pour effet immédiat de gâcher le plaisir de l’interlocuteur et donc de lui déplaire fortement. Il est également possible de l’utiliser en faisant référence à d’autres choses comme le dévoilement prématuré et volontaire d’une surprise ou encore d’un cadeau par exemple.

 

Made in Québec

Avec cette définition et en analysant plus finement la structure du mot, on s’aperçoit rapidement qu’il s’agit avant tout d’une contraction de deux verbes, à savoir divulguer et gâcher. Le terme provient de nos cousins du Québec qui ont depuis longtemps l’habitude de manier dans le langage courant des mots traduits de l’anglais. Son synonyme le plus évident reste le mot « spoiler ». « Divulgâcher » a d’ailleurs été créé avec pour principale mission de remplacer le mot d’origine américaine. D’ailleurs ce dernier ne figure même pas dans les dictionnaires de référence.

Deux orthographes du mot ont été autorisées par l’Académie Française. En effet, une certaine souplesse est constatée depuis plusieurs années quant à l’utilisation de l’accent circonflexe. Celui-ci semble en perte de vitesse et il commence à devenir facultatif. D’autant plus que sa présence ou non n’impacte que très peu (voire même pas du tout) la prononciation des mots. Aussi, il est permis d’écrire « divulgâcher » mais aussi « divulgacher ».

 

Un délire d’académicien ?

C’est la question que se sont posées de nombreuses personnes lors de l’annonce de l’entrée du mot dans les dictionnaires Larousse ou Robert. En effet, elles redoutent qu’il ne puisse s’imposer dans le langage courant. Et, au fil des années, un mot pas ou peu utilisé est voué à disparaître.

De plus, de nombreuses études démontrent que l’impact de la francisation des termes anglophones est loin d’être une réussite. Elle permet, certes de préserver l’intégrité et la force de notre langue, mais il est constaté que les mots d’origine étrangère restent nettement privilégiés par nos concitoyens, notamment les plus jeunes d’entre eux. Concernant le mot « divulgâcher », il y a donc fort à parier qu’il ne parviendra pas pleinement à concurrencer le terme « spoiler » qui reste largement diffusé et compris du plus grand nombre…ce qui est loin d’être le cas de « divulgâcher » ! La francisation en France ne fonctionne pas encore aussi bien qu’au Québec. Malgré l’implication et la volonté des responsables de l’Académie Française, y parviendra t’elle seulement un jour à s’en approcher ? L’exemple du terme « divulgâcher » semble indiquer que le chemin est encore long.