Que signifie bigorexie ?

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Il y a ceux qui sont accros à la cigarette, à l’alcool ou aux jeux mais il existe une dépendance moins connue et pourtant tout aussi dangereuse : l’addiction au sport ! En effet, la bigorexie ou dépendance à l’exercice physique existe bel et bien, reconnue d’ailleurs comme une maladie par l’Organisation mondiale de la Santé.

Le sport, comme un dopant

La définition officielle présente la bigorexie comme un besoin irrépressible et compulsif de pratiquer régulièrement et intensivement une ou plusieurs activités physiques et sportives en vue d’obtenir des gratifications immédiates et ce malgré des conséquences négatives à long terme sur la santé physique, psychologique et sociale.

A priori, tout serait une question d’endorphines…ces fameuses molécules de la famille des opiacées produites par le cerveau, et plus précisément par l’hypothalamus. Lors d’une activité physique soutenue, les endorphines permettent de réduire la douleur ; par la même occasion elles procurent un sentiment de bien-être. On le sait maintenant, leur effet agréable et euphorisant pourrait pousser certaines personnes à retrouver cette sensation en faisant toujours plus d’exercice. Une vraie drogue.

Les personnes qui souffrent donc de bigorexie ont constamment besoin d’augmenter leur « dose » de sport afin d’être satisfait. Conséquence : avec la bigorexie le sport perd sa dimension de divertissement et des troubles apparaissent si la personne stoppe brutalement son activité sportive : anxiété, irritabilité, tristesse… En se donnant entièrement à leur passion, les sportifs « bigorexiques » ont tendance à s’isoler de leur entourage mais à développer d’autres obsessions : performances, poids, capacités physiques. Ce sont souvent des personnes perfectionnistes, sportifs professionnels ou amateurs.

Quand le sport devient dangereux

A dose régulière et modérée, les bienfaits du sport pour la santé et le bien-être ne sont plus à prouver. Mais qu’en est-il d’une pratique trop intensive ? Elle peut s’avérer dangereuse (blessures graves, isolement, dopage…) si la personne « bigorexique » ne tient plus compte des avertissements des médecins et de ses proches.

Les scénarios catastrophes sont multiples : certains sportifs vont se mettre en danger en pratiquant à tout prix certaines activités qui risquent d’occasionner des blessures…toujours plus loin, plus haut, plus fort, plus extrême. La bigorexie peut aussi conduire au dopage, car elle incite à vouloir toujours faire mieux. Certains sports, qui valorisent l’apparence physique ou imposent des contraintes de poids, seraient plus à risque : la gymnastique, la natation synchronisée, la lutte, le judo, les sports d’endurance, le cyclisme, la course à pied, le culturisme…

Un refuge psychologique

Comme la plupart des addictions, les raisons précises de la bigorexie ne sont pas connues précisément, mais seraient certainement d’ordre psychologique.  Cette recherche constante de plaisir dans le sport peut être utilisée comme un refuge contre une souffrance psychologique, pour se protéger de sentiments ou de pensées qu’on a du mal à gérer. Après sa retraite, le célèbre footballeur Bixente Lizarazu a continué de faire du sport et a multiplié les activités jusqu’à l’épuisement : plongée, vélo, surf, ski…. Une façon, selon lui, de compenser les émotions qu’il ressentait lorsqu’il pratiquait le football à haut niveau.

La bigorexie est une pathologie encore peu connue en France. Les personnes présentant des signes de bigorexie sont invitées à consulter un psychologue du sport. Celui-ci doit déterminer si la pratique sportive est devenue addictive ou pas. Lorsqu’une personne atteinte de bigorexie arrête le sport, elle ressent un manque et peut développer des symptômes dépressifs, d’où la nécessité d’un suivi psychologique.